Moteurs de recherche : Comment se faire oublier par Google ?

droit a l'oublie

Vous est-il déjà arrivé de taper votre nom sur Google et de tomber sur des informations que vous préféreriez oublier ? Ou encore, avez-vous déjà regretté d’avoir laissé une empreinte numérique un peu trop visible ? Nous comprenons parfaitement votre préoccupation. En ces temps de domination des moteurs de recherche, particulièrement Google, protéger sa vie privée et gérer son image en ligne est devenu crucial. Aujourd’hui, nous vous offrons un guide exhaustif sur le sujet.

Contexte : L’emprise de Google sur le marché français

Google, c’est bien plus qu’un simple moteur de recherche. En France, il détient près de 93% des parts de marché, laissant très peu de place à ses concurrents comme Bing ou Yahoo. Cette domination peut s’expliquer par son algorithme performant, ses divers services intégrés et une expérience utilisateur optimisée. Toutefois, cette omniprésence soulève des questions légitimes concernant la protection des données et l’information que l’on retrouve, ou souhaite éliminer, en ligne.

En 2019, selon le CNIL, Google a fait face à 9 500 demandes de déréférencement. Ce chiffre, bien qu’important, nous montre l’urgence pour certains de gérer leur présence en ligne. Alors, comment naviguer dans cet océan d’informations ?

L’importance de s’adresser d’abord au webmaster

Avant de vous lancer tête baissée dans une demande de déréférencement auprès de Google, un conseil : commencez toujours par contacter le webmaster du site concerné. Pourquoi ? Tout simplement parce que la source de l’information est ici. Si le contenu est supprimé ou modifié à la source, il disparaîtra naturellement des résultats de recherche. Toutefois, nous reconnaissons que cette démarche n’est pas toujours aisée, car tous les sites n’affichent pas clairement les coordonnées de leur responsable.

LIRE :  Google Images : comment supprimer ses photos personnelles des résultats de recherche

Si le webmaster n’est pas coopératif ou injoignable, ne vous découragez pas. D’autres options s’offrent à vous, et nous sommes là pour vous les détailler.

Le droit à l’oubli : Votre allié contre l’indésirable

Instauré en 2014 par la Cour de justice de l’Union européenne, le droit à l’oubli vous permet de demander la suppression de liens vers des pages comportant des informations vous concernant et jugées obsolètes ou inappropriées. C’est une aubaine, n’est-ce pas? Cependant, comme tout droit, il a ses limites et ne garantit pas une suppression systématique.

Il est essentiel de distinguer le droit à l’oubli du droit de suppression, ce dernier étant plus lié à la RGPD et concerne la suppression de données à caractère personnel. Un point à ne pas négliger dans votre démarche.

Les frontières du possible : Ce que Google peut et ne peut pas effacer

Google, aussi puissant soit-il, n’est pas au-dessus des lois. Il respecte le droit à l’oubli, mais il ne supprime pas systématiquement tout ce que vous souhaitez éliminer. En général, la balance penche entre l’intérêt public à avoir accès à l’information et le respect de la vie privée. Ainsi, une information d’intérêt public, comme un article concernant un homme politique ou une personnalité publique, sera plus difficile à supprimer.

Néanmoins, des informations périmées, sans pertinence actuelle ou nuisibles sans intérêt public, ont de grandes chances d’être déréférencées.

Le temps : Votre adversaire ou allié dans le processus

Le temps joue un rôle crucial dans votre démarche de déréférencement. Un contenu récent a plus de chances d’être considéré comme pertinent par Google. En revanche, avec le temps, l’information peut perdre de sa pertinence. Patience est donc de mise. Toutefois, si un contenu nuit gravement à votre image, le temps devient un adversaire. Il est alors urgent d’agir rapidement.

LIRE :  Attirer plus de clients dans votre restaurant grâce au référencement

Rappelons que même après déréférencement, le contenu existe toujours sur le web, mais n’est simplement plus accessible via le moteur de recherche.

Naviguer à travers les autres moteurs de recherche

Google n’est pas le seul moteur de recherche, bien qu’il soit dominant. Bing, Yahoo, DuckDuckGo, pour n’en citer que quelques-uns, ont leurs propres politiques de déréférencement. Il est donc essentiel de ne pas négliger ces acteurs. Après tout, une information non indexée sur Google pourrait toujours l’être ailleurs.

Chaque moteur de recherche a sa propre procédure de déréférencement. Ne limitez donc pas vos efforts à Google uniquement.

Les étapes pour exercer votre droit au déréférencement

Pour demander un déréférencement sur Google, la démarche est plutôt simple. Il suffit de remplir un formulaire en ligne dédié, en fournissant les URLs que vous souhaitez voir disparaître, et de justifier votre demande. Une fois votre demande soumise, Google l’étudie et vous informe de sa décision, favorable ou non.

Ce processus peut prendre du temps. Si la réponse est négative, il vous reste la possibilité de faire appel à la CNIL.

Conservation des preuves et interactions avec la CNIL

Dans toute démarche de déréférencement, conserver des preuves est primordial. Screenshots, URLs, correspondances avec les webmasters, tout doit être archivé. En cas de litige, notamment avec la CNIL, ces éléments seront vos meilleurs alliés.

Si Google refuse votre demande, la CNIL peut intervenir comme médiateur. Elle étudiera votre cas et, si elle juge votre demande légitime, pourra enjoindre Google à procéder au déréférencement.

Les limites du droit au déréférencement

Le droit au déréférencement n’est pas un droit à la suppression. La distinction est fine, mais essentielle. Le contenu que vous souhaitez voir disparaître reste en ligne, il n’est simplement plus référencé par Google. De plus, ce droit ne s’applique qu’à l’intérieur de l’Union européenne.

Aussi, certaines informations d’intérêt public ne pourront être déréférencées, même si elles vous concernent directement. La transparence et l’information du public priment dans ces cas.

LIRE :  Améliorer sa e-réputation avec la technique du flooding

Outils et astuces pour suivre l’avancement de votre demande

Il est parfois difficile de suivre l’évolution de sa demande de déréférencement, d’où l’intérêt d’utiliser des outils adaptés. La CNIL propose, par exemple, une extension pour navigateur permettant de vérifier si une URL a été déréférencée. D’autres outils, comme des logiciels de suivi de positionnement, peuvent également vous être utiles.

Une astuce simple ? Conserver les URLs incriminées dans un document et les vérifier régulièrement. Cela vous permettra de mesurer l’efficacité de votre démarche.

Éléments à considérer lors de la demande de suppression

Quand vous formulez une demande de déréférencement, plusieurs éléments sont à prendre en compte. Votre demande doit être pertinente, justifiée et précise. Google évalue chaque demande au cas par cas. Assurez-vous donc de fournir un maximum d’informations et de justifier en quoi la présence de cette information vous porte préjudice.

La clé ? Être concis, précis et argumenter votre démarche. Plus votre demande est fondée, plus vous aurez de chances d’obtenir gain de cause.

En résumé : Comment gérer son image en ligne dans l’ère du numérique

Gérer son image en ligne est devenu un enjeu majeur à l’ère du numérique. La première étape est de prendre conscience de l’empreinte que nous laissons sur le web. Ensuite, il est essentiel de connaître ses droits et les moyens à sa disposition pour protéger sa vie privée. Le droit au déréférencement est un outil puissant, mais il a ses limites.

N’oubliez jamais que la meilleure stratégie est préventive : soyez vigilants quant aux informations que vous publiez ou autorisez à être publiées en ligne. Dans un monde numérique en constante évolution, rester informé est la clé.